Club Rotary Saint-Malo Jacques Cartier > Les Mots > La Troisième Question

La Troisième Question

Est-ce bénéfique à tous les intéressés ?

La notion de bénéfice partagé me semble être le cœur de cette quatrième et dernière question du critère. Il nous faut donc nous arrêter sur la notion de bénéfice, et si la définition de ce mot est souvent, « avantage, privilège », ce ne sont pas ces concepts qui nous intéressent dans le cas présent.

 

Une ancienne devise du Rotary était : « Qui sert le mieux, profite le plus ». Cette devise qui avait succédé à « Servir d'abord » a été rapidement abandonnée, paraissait pour certains ambiguë, qui pensaient que les actions entreprises au sein des clubs, profitaient aux Rotariens, il n'y avait pas de membres féminins à cette époque reculée, c'est pourquoi j'emploie le mot masculin uniquement. Le doute ne me semblait pourtant pas permis, et cette sentence introduisait l'idée que chaque membre devait servir le plus possible et qu'alors il en retirait du bonheur et de la fierté, nonobstant tout avantage matériel quelconque. J'avoue avoir personnellement quelque regret pour cette devise qui bien comprise, me semblait plus audacieuse.

 

Le bénéfice évoqué dans notre quatrième question s'apparente à un mieux, une amélioration pour chaque partie en présence, à un progrès équitable pour chacun.

 

Ce bénéfice doit concerner tous les intéressés, c'est à dire chacune des parties au contrat ou chaque partie débattant d'un litige. Toutes les situations ne peuvent hélas déboucher sur un bénéfice, et l'idée de loyauté, précédemment évoquée dans la deuxième question,  « est ce loyal de part et d'autre », me semble judicieuse pour conclure des cas de litige, de divorce, ou un accord équitable et loyal pourra être considéré comme un progrès, pourvu qu'il soit partagé par tous.

 

Le bénéfice, dans son acception commerciale, n'est d'ailleurs pas répréhensible, mais indispensable à la survie de toute activité mercantile, pourvu, la encore qu'il soit raisonnable et que chacun y trouve son compte, l'un touchant la juste rémunération pour sa marchandise ou son service, l'autre payant le juste prix, ceci permettant la continuité dans les échanges.

 

Je ne peux terminer ce cycle sur les quatre questions du Rotary, sans évoquer le souvenir d'un ancien ami du Rotary club d'Avranches, Jean Gosse, qui avait, il y a une trentaine d'année, mis en place dans son entreprise industrielle, au sein de son manuel de bonnes pratiques, le critère des quatre questions. Il semble en avoir recueilli les fruits, car cette importante société reprise depuis par son fils a connu un essor enviable.

 

Dans le fond, mes chères amies et mes chers amis qui vivez l'aventure du Rotary, tout ça ne fait que répondre à la plus pure logique, celle qui permet de vivre heureux !

 

Patrick GUYARD

Décembre 2014